LA BONNE COMPRÉHENSION DE L’ISLAM EN 20 POINTS PAR L’IMAM AL BANNA

Le texte qui va suivre est tiré de l’épître aux enseignements (Risâlat At-Ta`lîm) de l’Imâm Shahîd Hassan Al-Bannâ. Le passage en question aborde l’Islam à travers 20 points clairs. Ils visent à transmettre au musulman du commun l’Islam dans ses fondements. En présentant  ces 20 points, l’Imâm avait également pour but d’écarter les divergences entre les `Ulamâ’ qui déchiraient la Umma depuis des siècles. Notamment la question du suivi d’une seule école (De Fiqh) ou la question du « Tawassul » (Invocation adressée à Dieu par le biais d’une de Ses créatures). Voici le texte :

 

« Par la compréhension j’entends, que tu sois convaincu que notre pensée est purement Islamique, et que tu la comprennes comme nous la comprenons dans les limites des vingt principes concis suivants :

 

  • 1- L’Islam est une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie. C’est à la fois un état et une patrie, ou encore une nation et un gouvernement. C’est également une morale et une force, ou encore le pardon et la justice. C’est également une culture et un ensemble de lois, ou encore une science et une magistrature. C’est également une matière ou encore une ressource, un gain et une richesse. C’est également une lutte dans la voie de Dieu et un appel, ou encore une armée et une pensée. C’est enfin une croyance véridique et une adoration authentique. C’est un ensemble équivalent.

 

  • 2- Le saint Coran et la Sunna pure sont les références de chaque musulman qui cherche à connaître les règles de l’Islam. Le Coran doit être compris à partir des règles de la langue arabe sans artifices ni exagérations. Quant à la compréhension de la Sunna pure, il faut, se référer aux spécialistes (En matière de Ahadîth) dignes de confiance.

 

  • 3- La foi sincère, l’adoration authentique et l’effort (Al-Mujâhada) forment une lumière et une douceur que Dieu projette dans le cœur de qui Il veut parmi ses serviteurs. Cependant, l’inspiration, les idées qui surviennent à l’esprit, les visions ainsi que les rêves ne sont pas des preuves selon les règles de la législation islamique, et ne doivent pas être pris en considération à condition de ne pas entrer en contradiction avec les fondements de la religion ni avec ses textes.

 

  • 4- Les talismans, les incantations, les coquillages que l’on porte autour du cou (Objets fétiches connus en Mauritanie), la géomancie (En dessinant sur le sable), l’astrologie, l’art divinatoire, prétendre connaître les secrets de l’invisible et tout ce qui s’y rapporte sont des actes répréhensibles qui doivent être combattus, excepté les versets coraniques ou les incantations traditionnelles.

 

  • 5- L’avis de l’Imâm et de son adjoint, en l’absence d’un texte (Coran, Sunna), dans tout ce qui supporte plusieurs interprétations et concernant le domaine de l’intérêt général absolu, est accepté tant qu’il n’entre pas en contradiction avec les bases de la législation islamique. Cet avis peut changer en fonction des circonstances, des coutumes et des habitudes. Par ailleurs, la base dans le culte est l’adoration sans se préoccuper des significations. Quant aux affaires de la vie courante, l’attention est portée sur leurs secrets, leurs sagesses et leurs objectifs.

 

  • 6- Chacun peut voir son avis accepté ou rejeté à l’exception de l’Infaillible (Al-Ma‘ṣum : Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soit sur lui). Aussi, tout ce qui nous est parvenu de nos prédécesseurs (Salaf, que Dieu les agrée) nous l’acceptons lorsque cela est en accord avec le Coran et la Sunna, dans le cas contraire, la priorité est accordée au Coran et à la Sunna du messager d’Allah (SWS). Cependant, nous ne devons apostropher les personnes, sur des questions controversées, en les vexant ou en les blessant. Nous les renvoyons à leurs intentions, sachant qu’elles seront menées vers ce qu’elles ont avancé (En termes d’œuvres).

 

  • 7- Il appartient à tout musulman qui n’a pas atteint le niveau lui permettant d’analyser les preuves concernant les ramifications dans la jurisprudence de suivre un Imâm parmi les Imâms de l’Islam. En outre, il est bon qu’il s’efforce, dès lors qu’il suit cet Imâm, de connaître les preuves auxquels ce dernier se réfère pour justifier son opinion, et qu’il accepte chaque orientation accompagnée de preuves dès lors qu’il est convaincu de la droiture et des compétences de celui qui le guide. Enfin, il se doit de compléter son manque de savoir (Religieux), s’il fait partie des gens de science, jusqu’à ce qu’il atteigne le degré d’analyse (D’observation).

 

  • 8- La divergence d’opinion sur les ramifications de la jurisprudence ne peut être une cause de division en Islam, et ne doit pas mener à l’adversité ni à la haine. A chaque « Mujtahid» ; sa rétribution. Cependant, rien n’empêche l’analyse scientifique et honnête des questions de divergence à l’ombre de l’amour en Dieu et de la fraternité, dans le but d’accéder à la vérité, sans que ceci ne pousse à une dispute répréhensible ni au fanatisme.

 

  • 9- Toute question sur laquelle aucun travail concret ne se construit relève de réflexions superflues qui nous ont été interdites par la législation islamique. Ceci inclus de la multiplication des avis juridique concernant des événements qui n’ont pas encore eu lieu, de l’examen du sens de certains nobles versets coraniques dont la science n’a pas encore atteint le niveau (De connaissance), ou de ces débats comparant les mérites des compagnons (Que Dieu les agrée) ou analysant les raisons de leurs divergences. Tous ont le mérite de l’avoir accompagné (Le Prophète, SWS), chacun sera récompensé en fonction de ses intentions et nous interprétons leurs actes de la meilleure façon.

 

  • 10- La connaissance de Dieu, Bénit et Exalté Soit-Il, croire en Son unicité et Sa transcendance (Sa non-ressemblance avec Ses créatures) sont les plus nobles articles de la croyance Islamique. Les versets du Coran et les Ahâdith authentiques qui font mention des attributs divins ainsi que tout ce qui s’y rapporte, nous y croyons tels qu’ils sont parvenus, sans chercher à les interpréter ou à les nier. Et nous ne nous exposons pas aux divergences entre les savants à ce sujet. Nous nous contentons de ce qui a suffi au Messager de Dieu (SWS) et aux compagnons :

 

وَالرّاسِخونَ فِي العِلمِ يَقولونَ آمَنّا بِهِ كُلٌّ مِن عِندِ رَبِّنا

« Et ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : nous y croyons, tout provient de notre Seigneur » (3.7).

 

  • 11- Toute innovation introduite dans la religion d’Allah, sans fondements, que les gens approuvent par passion, que ce soit en rajoutant ou en diminuant des éléments, est un égarement qu’il faut combattre afin de l’éradiquer par les meilleurs moyens qui n’entraînent pas un mal plus grand.

 

  • 12- L’innovation par ajout (Al-Bid‘a Al-Iḍâfiyya), l’innovation par renoncement (Al-Bid‘a At-Tarkiyya) ou le fait de s’imposer des actes d’adorations (Al-Iltizâmu fi Al-‘Ibâda) sont des sources de divergence dans la jurisprudence. A chacun (Les savants) sa propre opinion et il n’y a aucuns inconvénients à rechercher la vérité en examinant les preuves et les arguments.

 

  • 13- Aimer les vertueux, les respecter et les louer pour toutes leurs belles actions permet de nous rapprocher d’Allah (Exalté soit-Il). Quant aux saints (Awliyâ’), ils sont ceux que Dieu a mentionné dans le Coran :

 

الَّذينَ آمَنوا وَكانوا يَتَّقونَ

 

« Ceux qui croient et qui craignent Allah » (10.63), et les prodiges (Karâma) qu’ils réalisent sont reconnues par la législation (Islamique), avec la conviction qu’ils, qu’Allah soit satisfait d’eux, ne détiennent rien qui peut leur profiter ou leur nuire de leur vivant comme après leur mort, ainsi qu’ils ne peuvent rien accorder de tout cela aux autres.

 

  • 14- La visite des tombes, quelle qu’elles soient, est une pratique légale, qui s’effectue en accord avec la tradition (Prophétique). Par contre, implorer l’aide des morts, n’importe lesquels, les appeler, leurs demander de satisfaire certains besoins, de loin ou de près, leurs demander des vœux, leur construire des mausolées, les couvrir, les éclairer (Avec des cierges), se frotter dessus, ainsi que jurer par autre que Dieu ou d’autres pratiques semblables constituent des innovations majeures qu’il faut combattre. Nous ne donnons pas d’interprétation à ces pratiques pour faire barrage à tout prétextes.

 

  • 15- L’invocation envers Allah, Le Très Haut, reliée à un intermédiaire parmi l’une de ses créatures (At-Tawassul) fait l’objet de divergence (Entre les savants) d’ordre secondaire concernant la manière d’implorer, et ne fait pas partie des questions en lien avec la croyance.

 

  • 16- Les mauvaises coutumes ne doivent pas transformer le sens des termes légaux (Shar`î), c’est pourquoi nous devons nous assurer des vraies significations de leurs sens ainsi que leurs limites. Il faut donc rester sur ces gardes, comme il faut se protéger contre les définitions trompeuses dans tous les domaines de la vie et de la religion. La morale (En Islam) réside dans le contenu des mots et non dans le nom lui-même.

 

  • 17- La croyance est le fondement de l’action, et l’acte du cœur est plus important que l’acte des membres. Cependant, le fait d’atteindre la perfection sur les deux est requis par la législation (Islamique), même s’il y a une différence de rangs.

 

  • 18- L’Islam libère la raison et exhorte à méditer sur l’univers, élève le degré de la science et celle des savants. Il accueil tout ce qui est bénéfique et utile en toute chose et nous enseigne que : « La sagesse est l’objectif du croyant, partout où il la trouve, il en est le plus méritant. »

 

  • 19- En effet, toute chose peut être traitée par des observations légales (Religieuses) et rationnelles (Scientifiques), sans pour autant que l’une pénètre dans la sphère de l’autre, mais il ne peut y avoir de divergence (Entre ces deux observations) au sujet de ce qui est clairement établi. Il est impossible qu’une réalité scientifique établi contredise une règle légale fixée (Religieuse). Celle qui est non concluante, doit être interprétée de façon à ce qu’elle concorde avec celle qui est fixée. Si les deux ne sont pas concluantes, l’observation religieuse passe en première dans le suivi, jusqu’à ce que l’observation scientifique (Rationnelle) soit confirmée ou contredite.

 

  • 20- On n’excommunie pas un musulman qui a prononcé les deux attestations de foi, qui agit en accord avec celles-ci et qui accomplit les obligations (Religieuses), à cause d’une opinion ou d’un péché. Sauf s’il a prononcé une parole de mécréance, ou renié un élément connu dans la religion par nécessité, ou menti explicitement sur le Coran, ou pour l’avoir interprété d’une façon contraire aux règles de la langue arabe, ou accompli un acte qui ne peut être interprété autrement que par de la mécréance.

 

 

Si le frère musulman comprend son « Dîn » selon ses fondements, il comprendra alors le sens de ses permanentes acclamations :

 

« Le Coran est notre constitution et le Prophète (SWS) est notre idéal (notre exemple) »

 

(القرآن دستورنا و الرسول قدوتنا). »

 

Traduction par Ismail Sunnite

 

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